Titre : Le centre social fait dialoguer les cultures

Publié le par amedee-anglade.over-blog.com

 Le centre social fait dialoguer les cultures

 

 

 Pessac n'abrite pas seulement le campus universitaire de l'agglomération bordelaise. La ville a aussi son quartier populaire, Saige, où l'Espace social et d'animation Alain-Coudert tente de faire dialoguer les différentes cultures par la fête. Reportage.

 

 

Exergue : Vivre dans une cité où une bonne soixantaine de cultures se côtoient ne veut pas forcément dire qu'elles se connaissent

 

 

Des immeubles revêtus de blanc aux aspects résidentiels et studieux, dans un calme apparent. C’est sous ces dehors un peu idylliques que se découvre le quartier de Saige, dans la ville de Pessac (Gironde). Ici, pourtant, trois habitants sur dix sont touchés par le chômage, indique Frédéric Iribarne, responsable des 16-25 ans à l'Espace social et d’animation Alain-Coudert, en plein cœur du quartier. Sur les murs du centre, des photos d’enfants retracent les activités proposées, de la fête d'Halloween aux sorties diverses. Une agréable odeur se dégage de la cuisine. L’animateur nous explique ce qui s'y trame : « Une initiative qui permet de mettre en avant l’une des cultures du quartier ». En effet, chaque été, le centre social organise le vendredi une soirée festive placée sous le signe d’une culture ou d’un pays.

 

La main à la pâte


       universite ete photo carte 293universite ete photo carte 299        « La communauté turque, très présente ici, nous a demandé d'organiser une soirée sur son pays », raconte Frédéric. La Turquie est donc au cœur de cette quatrième soirée, ce vendredi 9 juillet. Dans la cuisine, des femmes préparent les pizzas et autres plats traditionnels turcs qui seront servis au repas du soir pour lequel l’animateur attend une cinquantaine de personnes. Pourquoi une telle initiative ?« Ici, de nombreuses communautés cohabitent, c’est important de pouvoir les rassembler », insiste Frédéric Iribarne. Car vivre dans une cité où une bonne soixantaine de cultures issues de pays différents se côtoient ne veut pas forcément dire qu'elles se connaissent.

Très actives, les mamans turques sont toutes les mains dans la pâte pour préparer leur fameuse pizza traditionnelle, dans la joie et la bonne humeur. La plupart d’entre elles ne parlent pas français, mais cela ne les empêche pas d'être là. « Leur présence est très importante. C'est en partie grâce à elles que ce centre peut vivre aujourd'hui, car nous n'aurions pas les moyens de payer les services que les gens nous rendent gratuitement », explique Christine, une animatrice. D'autres femmes viennent ici via leurs enfants, qui fréquentent l'Espace social et d'animation. Il y a aussi celles qui, comme Elif, sont nées et ont grandi à Saige : « Je venais dans ce centre quand j'étais petite et aujourd'hui j’y amène mes enfants. Je trouve ça merveilleux ».

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Elif

Un petit apéritif devant la porte d'entrée, puis les gens s'installent dans la grande salle qui ressemble à une discothèque, avec ses rideaux rouges et ses nappes rouges et blanches, aux couleurs du drapeau turc.

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Une exposition met aussi à l'honneur la culture du pays et se transforme bientôt en quizz. Une ambiance chaleureuse, même si ce sont essentiellement les enfants et leurs parents, ainsi que quelques personnes âgées, qui sont là. Manque de communication sur ce type d'événement ? Ce n'est pas le problème, estime Frédéric Iribarne : « Une fois, j'ai fait le tour de la cité en frappant à toutes les portes pour inviter les gens à la soirée. Au final, sur 5000 habitants, une cinquantaine étaient présents ».

 

Des liens forts

Saige, un quartier populaire en fête ? Ce serait un peu vite oublier le rôle aujourd'hui assumé par l'Espace social et d'animation Alain-Coudert. « De nombreuses personnes viennent nous voir pour toutes sortes de problèmes, y compris médicaux. Et les jeunes qui arrivent ici sont en situation d’échec scolaire ou déscolarisés », reconnaît Frédéric Iribarne. La tâche est difficile pour ce centre social qui continue de se battre malgré des problèmes financiers évidents. « Nous sommes en déficit à cause de la baisse des subventions de l’Etat aux collectivités territoriales, poursuit l'animateur.D’où notre incapacité à mettre en place de nombreuses actions ». Frédérics'interrompt, interpellé par un jeune qui lui annonce qu’il vient d’avoir son BEP mécanique. Une manière de souligner les liens forts qui unissent les jeunes du quartier à l’espace social.

 

 

Anglade Amédée et Sofien Murat – Reporter Citoyen – Projet « Jeunes reporters Migrants »

 

Altermondes Informations

14 Passage Dubail - 75010 Paris

Tél. : 01.44.72.89.72 - www.altermondes.org

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déborah 08/09/2010 18:48


il est bien ce centre, cela permet de découvrir les différentes cultures,de connaître ses voisins et créer une forme de solidarité. C'est quand même important par rapport à notre société actuelle,
où il y a un mélange des cultures, ça peut être très enrichissant et cela permet de mieux comprendre les gens qui nous entourent